[CRITIQUE] My Beautiful Boy, de Felix Van Groeningen

Façonné à travers les mémoires du père et l’expérience d’un fils, My Beautiful Boy retrace la dérive d’une cellule familiale aux apparences solides. Sensible et porté par un casting formidable, le premier film américain de Felix Van Groeningen explore le sentiment d’impuissance sous toutes ses formes, celle d’un père face à l’addiction de son fils et celle de ce dernier face à sa propre addiction. Steve Carrell et Timothée Chalamet sont bouleversants, malgré une forme narrative redondante qui perd peu à peu en intensité.

[CRITIQUE] Girl, de Lukas Dhont

Lara, 15 ans, rêve de devenir danseuse étoile. Avec le soutien de son père, elle se lance à corps perdu dans cette quête d’absolu. Mais ce corps ne se plie pas si facilement à la discipline que lui impose Lara, car celle-ci est née garçon.

[CRITIQUE] Climax, de Gaspar Noé

Naître et mourir sont des expériences extraordinaires. Vivre est un plaisir fugitif. En 1996, à l’appel d’une chorégraphe de renom, un groupe de danseurs urbains se retrouvent dans un local de répétition isolé en bordure d’une forêt, par un temps enneigé. Dans un monde sans téléphone portable ni Internet, ils répètent une dernière fois avant de s’envoler pour les États-Unis. À l’issue de la répétition, les danseurs se lancent dans une fête pour décompresser. Mais très vite, il apparaît que quelqu’un a versé une substance illicite dans la sangria qu’ils buvaient. Quand certains s’entraînent dans une transe dansante sans fin, d’autres plongent dans la démence et l’horreur.

[CRITIQUE] Walk With Me, de Lisa Ohlin

Un soldat mutilé qui ne rêve que de remarcher et une ballerine qui connait parfaitement chaque muscle du corps… Forcément, cela ressemble à une recette idéale pour une balade romantique sur fond de drames personnels et introspections. Si le concept est facile, ce n’est pas toujours évident de le transformer en bon film. Lisa Ohlin parvient à allier la sincérité de son histoire à une rencontre à la fois épineuse et sensible. Walk With Me se révèle être un film agréable, accessible et doux, comme il fait bon d’en voir de temps en temps.

[CRITIQUE] Demolition, de Jean-Marc Vallée

Pour son nouveau film, Jean-Marc Vallée s’approprie le deuil dans un film étonnant qui, malgré une tristesse envahissante et l’apathie voulue de son personnage principal, est plein de vie et émouvant. Demolition est surtout une histoire de reconstruction, une sorte de retour à la vie après un choc traumatisant, et au lieu de sombrer dans les clichés larmoyants qu’auraient pu susciter une telle intrigue, Jean-Marc Vallée livre le récit abouti d’un homme qui cherche à se reconnecter avec ses émotions dans le chaos. Parfois drôle, souvent touchant, Demolition est surtout un curieux mélange de destins interrompus qui vont chacun compléter un manque à travers des rencontres insolites, que Jake Gyllenhaal domine parfaitement.

[SÉRIE TV] Flesh and Bone, de Moira Walley-Beckett

Des corps meurtris, une pression insupportable et des jalousies constantes, tel est le quotidien des danseurs de ballet. Un quotidien dont rêve Claire , jeune danseuse de Pittsburg fraîchement débarquée à New York pour intégrer l’American Ballet Company. Là-bas, la jeune fille devient la coqueluche de Paul Grayson, directeur artistique colérique, sadique et manipulateur qui voit en elle une future star, une Etoile. Elle découvre que le prix à payer pour y parvenir n’est pas que celui de la torture de son corps au fil entraînements drastiques et de privations. Cela revient, parfois, à vendre son âme au diable.

[CRITIQUE] Cake, de Daniel Barnz

Larmoyant et contemplatif, Cake s’étire un drame sobre autour d’une femme marquée par une histoire tragique. Si Jennifer Aniston livre une performance étonnante, quoiqu’un peu poussive, le film de Daniel Barnz reste sur la réserve et mise trop sur le potentiel émotionnel de son sujet pour attirer la sympathie du public. Du coup, les plus sensibles seront probablement touchés par cette mère-courage malgré son tempérament détestable, tandis que les autres (nous, les cœurs de pierre) attendront un peu plus de profondeur et de sincérité… en vain.