Divertissant et souvent efficace, Black Storm est un film catastrophe qui mise plus sur le grand spectacle que sur l'émotion. Si on a le souffle coupé à chaque nouvelle tornade grâce aux effets spéciaux fantastiques, Steven Quale livre un film trop souvent prévisible, hanté par des personnages superficiels et prévisibles, tout en cumulant de nombreuses incohérences. Néanmoins, Black Storm remplit ses promesses et parvient à éviter le piège de s'étaler dans la durée, du coup les rebondissements s'enchaînent sans laisser de place aux temps morts, ce qui permet de passer un très bon moment court, mais satisfaisant.
Catégorie : Drame
Boyhood : Douze ans d’émotions et de subtilité
Au cours d'une tranche de vie attendrissante et pleine d'émotions, Richard Linklater offre un film touchant et vrai sur l'adolescence et le passage à l'âge adulte. Filmé chaque été pendant douze ans, Boyhood saisit pleinement les questionnements et les incertitudes qui traversent une période de la vie pleine de contradictions et de mini-bouleversements. Façonné, modelé, bousculé par les événements qui traversent le film et les personnages qui l'entoure, Boyhood éclot lentement sous nos yeux, laissant une empreinte nostalgique, un poil mélancolique, sur ces années qui filent à toute allure et qui ont pourtant une si grande importance lorsqu'on devient adulte. Superbe.
[COUP DE CŒUR] Nos Étoiles Contraires : Une petite merveille
Merveilleux. Ce film est merveilleux. Malgré son sujet et son histoire forcément tragique, Nos Étoiles Contraires est une véritable ode à la vie et porte un message plein d'espoir et d'optimisme. Les personnages sont si attachants et touchants qu'on a envie de tomber amoureux (d'eux). Loin du film tire-larmes que je craignais, le film de Josh Boone offre de superbes moments de joie et d'humour, dans un ensemble tout simplement beau et bouleversant.
Locke : Tom Hardy brillant, dans un drame qui manque d’intensité
Voilà un parfait exemple où l'exercice est plus fascinant que le contenu du film en lui-même. Steven Knight s'essaye au huis-clos oppressant avec un seul acteur pour réaliser Locke, un drame inventif où un homme voit sa vie basculer le temps d'un trajet en voiture. Malgré un scénario peu accrocheur, Tom Hardy s'en sort brillamment, livrant une performance superbe et sur le fil du rasoir, tandis que la caméra de Steven Knight redouble d'efforts pour étoffer sa mise en scène. Si Locke aurait eu plus de panache dans un format plus court, Steven Knight nous régale avec le pari fou de tenir 85 minutes avec un homme et une voiture.
Palo Alto : Déprimant et vide, malgré un potentiel bien présent
Troublant mais beaucoup trop lunaire, le premier film de Gia Coppola s'intéresse à la langueur adolescente et observe un quatuor indécis et paumé entre l'enfance et le monde adulte. Autour de ces destins croisés, Palo Alto se perd dans la contemplation passive, laissant filer ses bonnes idées à peine percevables gâchées par les nombreux effets de style inutiles qui viennent alourdir et étirer la trame jusqu'à l'ennui. Clairement inspirée par le cinéma de sa tante, Gia Coppola se perd dans l'evanescence trop vague et non aboutie de son film, pourtant agréable, mais vide de substance.
Maps To The Stars : Intimiste et troublant
Voir David Cronenberg s'aventurer sur un sujet à priori aussi glamour, c'était la promesse d'explorer la part d'ombre d'Hollywood. Si Maps To The Stars n'est pas son meilleur film, il reste néanmoins fascinant de par la complexité de ses personnages et l'indécence de son sujet, et surtout grâce à son casting exceptionnel illuminé par une Julianne Moore incroyable.
Last Days Of Summer : Magnifique, intimiste et lumineux
Lumineux et émouvant, Last Days Of Summer est une jolie romance ensoleillée et bouleversante, dont la force des sentiments inattendus viennent ébranler un petit monde ébréché et fragile. Jason Reitman offre un superbe film sous forme de huis-clos familial et émotionnel, marqué par des personnages blessés et emprisonnés dans une parenthèse bienheureuse, sous le regard protecteur d'un jeune adolescent. Le temps d'un week-end, Last Days Of Summer nous plonge au cœur d'un drame intimiste et languissant, où la fin d'un été chaud suffit à suggérer la sensualité sous-jacente du film, sans jamais bousculer l'innocence reflétée par la narration. L'enfance, l'instabilité psychologique, l'agressivité du monde extérieur... autant de sujets subtilement abordés dans un film ambitieux, brillant et réussi.
Maléfique : Un conte réinventé, ambitieux et surprenant
Cela faisait un moment que j'attendais le retour d'Angelina Jolie au cinéma et c'est grâce à Disney que ce jour est enfin arrivé. On pourrait croire que j'ai un léger parti pris sur ce film, mais en restant objective, Maléfique m'a énormément plu. Robert Stromberg revisite l'histoire de La Belle au Bois Dormant avec force et poésie, toujours en gardant l'esprit féerique de l'histoire. Divertissant et bien rythmé, Maléfique allie une histoire entraînante, qui s'émancipe avec brio de l'histoire originale, et une héroïne charismatique et fascinante. Inspiré et abouti, le film reste captivant, malgré quelques longueurs et un ton parfois trop enfantin, surtout grâce à une photographie magnifique soulignant un univers enchanteur aux effets spéciaux stupéfiants. En effet, les Studios Disney s'éloigne enfin de l'univers d'Alice au Pays des Merveilles (2010) pour créer une identité propre au film Maléfique, à la fois fantastique et romanesque, avec une légère empreinte gothique pour conserver une atmosphère mystérieuse. Une véritable aventure visuelle et pleine d'émotions qui émerveillera aussi bien les plus jeunes qu'un public adulte. C'est ça, la magie Disney.
Grace de Monaco : Agréable à regarder mais sans véritable intérêt
Présenté en ouverture du Festival de Cannes 2014, Grace de Monaco était aussi controversé qu'attendu. Entre une photographie sublime et une ambiance glamour savamment entretenue, si le film d'Olivier Dahan séduit au premier coup d’œil, c'est au niveau du fond que c'est une véritable déception. L'histoire est creuse et peu pertinente, l'ensemble ressemble plus à un documentaire-fiction totalement aseptisé et dénué d'une quelconque émotion. Nicole Kidman et Tim Roth forment un duo improbable et l'intrigue politique du film est d'un ennui total. Bref, c'est raté.
[COUP DE CŒUR] Godzilla : Un spectacle jubilatoire et impressionnant
Un des films les plus attendus de l'année débarque enfin sur nos écrans. Après l'oubliable remake de Roland Emmerich, 60 ans de légende et, au total, 28 adaptations cinématographiques (produites par Toho), le film de Gareth Edwards est-il à la hauteur de nos attentes ? Véritable film catastrophe, Godzilla va bien au-delà du simple film de monstre(s) en créant une véritable histoire tangible autour de ses personnages et en confrontant l'homme, si minuscule, face au déchaînement d'une nature qu'il essaie de contrôler. Fidèle aux origines japonaises du monstre et truffés de références, Godzilla rend hommage à la légende et au genre "kaiju eiga", dans un film épique, spectaculaire et à la fois poignant, grâce à un scénario misant sur une tension dramatique et haletante, tout en offrant un visuel époustouflant. Le blockbuster de l'année ? C'est très possible.
De Guerre Lasse : Nerveux et captivant
Dur et explosif, De Guerre Lasse est une virée éprouvante au cœur d'une Marseille transfigurée et violente. Olivier Panchot livre un drame familial noir et nerveux, dont les secrets déchirent un univers fébrile et prêt à basculer. Même si quelques longueurs viennent souvent affaiblir le rythme, De Guerre Lasse n'épargne rien ni personne, grâce à son scénario dense et ses personnages constamment sur la brèche et à vif, à travers une course contre la montre tragique et captivante.
[Coup de cœur] States of Grace : Émouvant, vivant… un moment de grâce
Foudroyant et bouleversant, States Of Grace est une pépite rare qui a su tisser une histoire superbe autour d'un sujet épineux, avec une subtilité et une délicatesse incroyable. Destin Cretton narre avec simplicité le parcours de personnages écorchés vifs et poignants, sans jamais céder au mélodrame excessif et au pathos inutile. States Of Grace est porté par une Brie Larson magnifique et touchante, d'ailleurs récompensée par le Prix d'interprétation féminine aux Festival International du film de Lorcano 2013.
