Comédie

[CRITIQUE] Encore Heureux, de Benoît Graffin

Sous couvert de comédie, Benoît Graffin tricote un semblant de drame social, mais fantaisiste, autour d'une famille au bord de l'explosion, entre un papa chômeur, une maman lassée et des enfants en perte de repère. De prime abord plaisant, Encore Heureux reste dans les nuages, bien trop éloigné de la réalité pour réussir à faire de cette fable une histoire crédible qui, malgré son contexte, réunit tous les mauvais cotés de la tendance bobo parisienne qui veut singer la masse populaire. Le résultat est bancal, trafiqué à la truelle et souvent exaspérant, malgré ses bonnes intentions.

Comédie

[CRITIQUE] Five, d’Igor Gotesman

5 potes dans le vent, un rêve commun et une combine qui tourne mal... Le premier film d'Igor Gotesman propose un cocktail détonnant de rire et de bonne humeur. Le hic c'est qu'en en faisant des caisses niveau coolitude et en se réfugiant dans un humour trop souvent régressif, Five finit surtout par être très fatiguant et user son capital sympathie. Du coup, on se marre quand même, au début, mais le manque de profondeur de l'ensemble finit par plomber l'énergie du film qui tourne un peu en rond, frôlant la suite de sketchs sans fin. Dommage, car la fraîcheur de ce casting pêchu donnait vraiment envie.

Animation, Aventure, Sci-fi

[CRITIQUE] Le Livre de la Jungle, de Jon Favreau

Poursuivant leur lancée destinée à donner une nouvelle vie à ses célèbres dessins animées, les studios Disney proposent une version live du Livre de la Jungle, initialement adaptée du roman de Rudyard Kipling. À l'instar du film Maléfique, celui de Jon Favreau ne réinvente rien mais à la particularité de combiner avec adresse la magie tendre des films Disney avec le mystère un poil obscure du conte. Résultat, ce nouveau Livre de la Jungle offre un divertissement surprenant, au réalisme saisissant grâce à des effets spéciaux somptueux, permettant de retomber en enfance tout ajoutant le soupçon de frisson nécessaire pour éveiller la curiosité. Rien de nouveau sous la lune, donc, si ce n'est un film impressionnant et des mélodies qui restent en tête bien longtemps. Il en faut peu pour être heureux, non ?

Aventure, Sci-fi

[CRITIQUE] La 5ème Vague, de J Blakeson

Incohérent et paresseux, La 5ème Vague tente d'entrer dans la cour des grands avec un film peu imaginatif au traitement navrant, cumulant paresse et bêtise. Cette adaptation d'une nouvelle saga littéraire réalisée par J Blakeson tente de narrer l'histoire d'une jeune fille luttant pour survivre alors que la Terre est attaquée par des extraterrestres, mais ne réussit qu'à pomper des arcs narratifs déjà vus chez la concurrence, souvent en mieux (ce qui est difficile à admettre quand on observe ladite concurrence de plus prêt). Du coup, c'est prévisible, pas intéressant pour ne pas dire neuneu. À oublier.

Drame

[CRITIQUE] Demolition, de Jean-Marc Vallée

Pour son nouveau film, Jean-Marc Vallée s'approprie le deuil dans un film étonnant qui, malgré une tristesse envahissante et l'apathie voulue de son personnage principal, est plein de vie et émouvant. Demolition est surtout une histoire de reconstruction, une sorte de retour à la vie après un choc traumatisant, et au lieu de sombrer dans les clichés larmoyants qu'auraient pu susciter une telle intrigue, Jean-Marc Vallée livre le récit abouti d'un homme qui cherche à se reconnecter avec ses émotions dans le chaos. Parfois drôle, souvent touchant, Demolition est surtout un curieux mélange de destins interrompus qui vont chacun compléter un manque à travers des rencontres insolites, que Jake Gyllenhaal domine parfaitement.

Action, Sci-fi

[CRITIQUE] Divergente 3 : Au-Delà Du Mur, de Robert Schwentke

Les aventures de Tris touchent à leur fin dans la première partie du dernier chapitre de Divergente. Après avoir révélé au grand jour les machinations qui se cachaient derrière les Factions, Divergente 3 : Au-Delà Du Mur amorce un combat final à plus grande échelle. Bien qu'à chaque film, la saga continue de trouver son rythme, en terme de dynamisme et d'engagement dans les scènes d'action, on se retrouve encore une fois devant de nouveaux éléments qui viennent compliquer une trame franchement peu intéressante. Là où Hunger Games - La Révolte Partie 1 brassait du vide, Divergente 3 : Au-Delà Du Mur n'en finit plus de rajouter des couches pour asseoir la solidité de son histoire mais, bon, fondamentalement… on s'en fiche un peu. Vivement la fin.

Super héros

[CRITIQUE] Batman V Superman : L’Aube de la Justice, de Zack Snyder

Craignant que Superman n'abuse de sa toute-puissance, le Chevalier noir décide de l'affronter : le monde a-t-il davantage besoin d'un super-héros aux pouvoirs sans limite ou d'un justicier à la force redoutable mais d'origine humaine ? Pendant ce temps-là, une terrible menace se profile à l'horizon…

Animation

[CRITIQUE] Kung Fu Panda 3, de Jennifer Yuh Nelson et Alessandro Carloni

Po est de retour avec ses amis pour de nouvelles aventures, incluant un nouveau méchant à affronter et de nouvelles révélations sur son passé. Et oui, Kung Fu Panda est de retour pour un 3e volet haut en couleurs et fort en bonne humeur. Cependant, à force de rester trop en surface, le film de Jennifer Yuh Nelson et Alessandro Carloni finit par opter pour la facilité et se répéter dans un nouveau film qui offre toujours la même morale, sans vraiment aller plus loin. Le divertissement et le plaisir sont toujours au rendez-vous... mais l'effet novateur et surprenant du premier opus n'agit plus.

Drame

[CRITIQUE] Quand On A 17 ans, d’André Téchiné

Souvent maladroit mais terriblement attachant, Quand On A 17 Ans observe avec retenue la relation agitée entre deux adolescents que tout oppose. Co-écrit avec Céline Sciamma, le film d'André Téchiné a beau être transparent dans ses intentions, la narration ambiguë et parfois incongrue rend parfois l'ensemble imprévisible et, donc, curieux.

Comédie

[CRITIQUE] Rosalie Blum, de Julien Rappeneau

Mignon et sans prétention, Rosalie Blum est une histoire de rencontres et d'actes manqués, un chassé-croisé entre des personnages à la bonhomie attachante. Julien Rappeneau narre des tranches de vie aux apparences banales, livrant un film accessible et frais, qui donne le sourire et permet de passer un bon moment. Néanmoins, à cause d'un manque de piquant et d'un traitement sans risque, Rosalie Blum frôle de peu le téléfilm.

Drame

[CRITIQUE] Keeper, de Guillaume Senez

Un peu crispant au début à cause de ses ambitions un peu floues, Keeper transforme une bleuette adolescente en une observation perspicace de la naïveté de cet âge délicat face à une situation trop adulte. À travers une grossesse accidentelle, Guillaume Senez livre un film réaliste, toujours focalisé sur le point de vue de ses jeunes héros et leurs visions de la vie encore très puérile, ce qui fait souvent grincer des dents mais conserve une vérité intéressante. Si ce film pourrait très bien être diffusé en salles de classe, le risque d'agacer (les spectateurs adultes) est cependant très présent... sûrement parce que les personnages principaux sont très bien écrits !

Sci-fi, Thriller

[CRITIQUE] 10 Cloverfield Lane, de Dan Trachtenberg

Haletant et frissonnant, 10 Cloverfield Lane crée la surprise en se révélant être bien plus noir et plus angoissant que son cousin éloigné, Cloverfield. Situant l'action principale dans un huis-clos étouffant, Dan Trachtenberg vrille son premier film d'une tension inquiétante, à travers une trame bien menée qui maintient en haleine, les yeux rivés sur l'écran à l'affût du prochain rebondissement. Fascinant et réussi, 10 Cloverfield Lane est un thriller brillant qui prend à la gorge dès les premières minutes pour nous relâcher seulement à la fin, ouverte d'ailleurs, dans un état second. Surtout moi : ai-je vraiment aimé une production J.J. Abrams ?!