Tourné depuis 2013, Green Inferno aura mis du temps à arriver en salles... pour finalement être disponible en e-cinéma (depuis le 16 octobre). Officiellement, Eli Roth propose un hommage au film culte Cannibal Holocaust (1981) de Ruggero Deodato, mais en réalité, le réalisateur balance un film pâlement gore, gratuit et grossier. Si Green Inferno pointe du doigt les vocations humanistes éphémères d'une génération boulottée par l'information instantanée, plus bruyante qu'efficace, le réalisateur se fourvoie dans une débauche absurde et grotesque d'hémoglobine peu ragoûtante, d'absurdités et de bidoches en plastique. Grosse plantade.
Catégorie : Épouvante-horreur
[CRITIQUE] Crimson Peak, de Guillermo Del Toro
Noir, envoûtant et fantastique, Crimson Peak est une petite pépite horrifique et fascinante, animée par l'imaginaire d'un réalisateur visionnaire. Le nouveau film de Guillermo Del Toro ressemble à un croisement parfait entre deux de ses réussites : L'Échine du Diable pour le frisson et Le Labyrinthe de Pan pour la beauté remarquable des décors et des costumes. Guillermo Del Toro nous entraîne dans un conte gothique où l'histoire d'amour passionnelle se transforme en un piège cauchemardesque, à travers un scénario abouti et une ambiance glaçante qui ne faiblit jamais. Si je regrette qu'il n'y ait pas eu plus de frissons, Crimson Peak est un véritable tableau vivant où l'esthétisme rencontre l'angoisse dans un ensemble insaisissable, troublant et superbe. J'adore.
[CRITIQUE] Sinister 2, de Ciaran Foy
Après un premier film sympathique et un peu flippant (même s'il finissait par partir en vrille vers la fin), Sinister 2 prend la relève et propose une suite, ajoutant un point de vue original : celui des enfants. Malheureusement, ce qui m'avait dérangé dans le premier Sinister devient aujourd'hui l'élément centrale. Ciaran Foy tisse un film approximatif avec un croque-mitaine bricolé à la va-vite et des gamins fantômes qui tirent la tronche, tout en retirant le mystère nécessaire pour que l'ambiance sinistre, pourtant soignée, fonctionne. Résultat, Sinister 2 reste bancal et prévisible.
[CRITIQUE] Gallows, de Travis Cluff et Chris Lofing
Inutile de tourner autour du pot, Gallows est très mauvais. Pâle excuse pour film d'épouvante, le film de Travis Cluff et Chris Lofing compile tous les défauts des soi-disants films d'horreur de ces dernières années pour nous les jeter à la tronche avec une désinvolture irritante, à travers un found-footage flemmard. Si vous aimez sursauter, Gallows vend du jumpscare au rabais, accompagné par un mixage sonore des plus hasardeux, au lieu d'essayer d'installer un soupçon d'intrigue. Pour couronner le tout et festoyer allègrement dans la médiocrité, il faut aussi supporter des gamins à claquer qui bavassent non stop et une caméra visiblement tenue par un amateur. Et dire qu'ils s'y sont mis à deux pour réaliser un truc pareil...
[CRITIQUE] Insidious : Chapitre 3, de Leigh Whannell
La saga Insidious s'offre un nouveau chapitre, un nouveau réalisateur et quitte la famille Lambert pour un opus plus léger, plus jeune et moins efficace. Si Insidious : Chapitre 3 doit beaucoup au succès des deux précédents films, Leigh Whannell parvient à développer une histoire indépendante, un chouilla prévisible mais rehaussée par de jolis moments d'angoisse, souvent trop courts. Cependant, l'abus de jumpscares, un montage abrupt et le repos évident sur des pistes déjà lancées par James Wan rendent Insidious : Chapitre 3 un peu plus faible, malgré une intrigue de fond sympathique.
[CRITIQUE] Poltergeist, de Gil Kenan
Dans la série "faisons du neuf avec du vieux", j'appelle le remake de Poltergeist. 33 ans après l'original, Gil Kenan propose une nouvelle version de la maison hantée qui, malheureusement, pique un peu les yeux. Entre un manque gênant de tension et une intrigue cousue de fil blanc, Poltergeist n'a de positif qu'un casting attachant qui se démène vaillamment dans une maison hantée par des subterfuges bien trop numériques et de bonnes idées tuées dans l'œuf. Si le cinéma d'horreur bat de l'aile ses dernières années, le film de Gil Kenan fait l'effet d'une douche de plomb qui contribue à rabaisser un niveau déjà bien bas. Dommage.
[CRITIQUE] Pyramide, de Grégory Levasseur
Alors qu'à première vue le film ne paie pas de mine, Pyramide parvient à étonner, voire même à coller les jetons. Ne vous laissez pas avoir par son apparence clichée, car à travers une intrigue simplette et des personnages attendus, le premier film de Grégory Levasseur est ambitieux et truffé de bonnes idées, alliant les phénomènes paranormaux à la tension nerveuse d'un huis-clos étouffant. Croisement improbable entre The Descent et La Momie, le protégé d'Alexandre Aja prouve qu'avec un peu d'imagination et d'application, il est possible de transformer un pitch usé en un film horrifique efficace aux allures de séries B assumées.
[CRITIQUE] Ouija, de Stiles White
Décevant, facile et cliché, Ouija fait l'effet d'un soufflé raté : une apparence prometteuse mais qui ne ressemble plus à rien en quelques minutes. Si la bande-annonce avait tout pour plaire, le film de Stiles White est un plat réchauffé et sans saveur, qui, en plus de s'enfoncer dans la médiocrité, propose un rebondissement ultra fade qui ne se paie même pas le luxe d'être prévisible, tant il est totalement dénué d'intérêt. Pour un film que j'attendais beaucoup l'année dernière, la déception est totale.
[CRITIQUE] Lazarus Effect, de David Gelb
La vie après la mort ou les morts qui reviennent à la vie... Lazarus Effect surfe sur des thématiques chéries du genre horrifique pour proposer un film plutôt sympathique aux jumpscares efficaces, animé par une trame mystérieuse. Si le film de David Gelb manque parfois d'ambition et de vrais moments de terreur, le simple fait d'avoir un scénario suffisamment intéressant, entre croyances religieuses et théories scientifiques, permet au film de trouver un équilibre convaincant. L'intention est visible, le sursaut est imprévisible, Lazarus Effect présente certes des faiblesses au niveau de la structure et fera l'effet d'une récréation pour les habitués du genre, mais le film parvient à tenir ses promesses grâce à un ensemble finalement sombre et attractif.
[CRITIQUE] It Follows, de David Robert Mitchell
En adaptant au cinéma un de ses cauchemars récurrents, David Robert Mitchell prend les codes horrifiques à contre-emploi pour livrer un petit "ofni" (objet filmique non identifié) qui ne laissera personne indifférent. Angoissant et étrange, It Follows est à la fois dérangeant et captivant. Le concept est novateur et immersif, grâce à une mise en scène inhabituelle qui laisse planer le doute entre l'inspiration salvatrice et l'essai expérimental. Quelques parts entre l'horreur froide mais stylisée et une thématique confuse sur la sexualité adolescente, It Follows ressemble effectivement à un cauchemar éveillé où la lenteur du film ne fait qu'accroître un malaise et une tension prenante. En voilà un petit film intéressant !
[CRITIQUE] La Dame En Noir 2 – L’Ange de la Mort, de Tom Harper
Angoissant et efficace, La Dame En Noir 2 - L'Ange de la Mort est une petite surprise. Tom Harper s'applique en proposant un film prenant dans lequel on se laisse facilement piéger. Si le frisson est au rendez-vous, La Dame En Noir 2 - L'Ange de la Mort aurait pu être plus réussi si les jumpscares n'étaient pas aussi prévisibles et le scénario aussi faiblard. Néanmoins, l'ambiance sombre et la musique stressante du film prennent agréablement au dépourvu, s'accordant habilement à une trame à la fois simple mais captivante.
