La vie après la mort ou les morts qui reviennent à la vie... Lazarus Effect surfe sur des thématiques chéries du genre horrifique pour proposer un film plutôt sympathique aux jumpscares efficaces, animé par une trame mystérieuse. Si le film de David Gelb manque parfois d'ambition et de vrais moments de terreur, le simple fait d'avoir un scénario suffisamment intéressant, entre croyances religieuses et théories scientifiques, permet au film de trouver un équilibre convaincant. L'intention est visible, le sursaut est imprévisible, Lazarus Effect présente certes des faiblesses au niveau de la structure et fera l'effet d'une récréation pour les habitués du genre, mais le film parvient à tenir ses promesses grâce à un ensemble finalement sombre et attractif.
Catégorie : Films
[CRITIQUE] The Voices, de Marjane Satrapi
Pop, coloré et sanglant, The Voices réunit plusieurs ingrédients qui d'ordinaire parviennent à me séduire. Cette fois, le dernier film de Marjane Satrapi, son second degré cynique et sa seconde lecture dramatique m'ont laissé... de marbre. Alors que l'ensemble est prometteur, tous les efforts sont anéantis par des personnages trop poussifs et un chat qui parle un tantinet lourdingue, tandis que les traits d'humour tombe à plat à cause d'une ambiance légèrement anxiogène mais savamment entretenue. Marjane Satrapi a bien du mal à faire cohabiter les deux visages de son film, du coup The Voices fait l'effet d'une overdose crispante de sourires plâtrés et de bonne humeur forcée, hanté par des personnages bien difficiles à apprécier. Malgré de bonnes attentions visibles et un sujet intriguant, The Voices se révèle finalement un peu (trop) éteint et souvent redondant. Vraiment dommage, pour une fois que Ryan Reynolds s'en sort bien !
Rattrapage 2014 : Saint Laurent, de Bertrand Bonello
1967 - 1976. La rencontre de l'un des plus grands couturiers de tous les temps avec une décennie libre. Aucun des deux n’en sortira intact.
[CRITIQUE] American Sniper, de Clint Eastwood
Dur, implacable et prenant, le dernier film de Clint Eastwood est un drame étouffant, plongeant dans l'horreur de la guerre et de ses conséquences. Contrairement à ce que son titre (et l'affiche du film) indique, American Sniper n'est pas qu'une simple ode au patriotisme américain aveugle, mais une histoire aussi brutale que touchante, vue à travers le parcours d'un homme transformé malgré lui en dommage collatéral. Si le film édulcore son personnage principal, cette adaptation de son histoire ne laisse pas indemne.
[COUP DE CŒUR] Birdman, d’Alejandro González Iñárritu
Plus qu'un coup de cœur, Birdman est une révélation fracassante, un de ces films qui décoche une énorme gifle (virtuelle), le genre de cinéma qui fait qu'on aime le cinéma. Ça fait beaucoup de compliments, je sais, et maintenant que Birdman a été sacré Meilleur Film aux Oscars, le dernier film d'Alejandro González Iñárritu, Meilleur Réalisateur aux Oscars, va devoir faire ses preuves auprès des sceptiques qui refusent d'être formatés par Hollywood. Etrangement et très justement, ce film est fait pour eux, pour vous et pour tous tant il offre une vision aboutie (Meilleur scénario original) de l'industrie du cinéma et de ses nombreux recoins. Réfléchi, envoutant, magistral... le réalisateur mexicain aurait-il réalisé sa pièce maîtresse ? Oh oui !
[CRITIQUE] Frank, de Lenny Abraham
Expérimental, drôle et déprimant, Frank est une comédie peu ordinaire hanté par des passages tout aussi particuliers. Entre musique d'un autre genre et conversations lunaires, le film de Lenny Abraham suit un groupe de musiciens atypiques et marginaux, réunit par leurs différences. Sous l’œil d'un héros "normal", Frank dissèque la folie libre avec un humour décalé bien venu mais oublie trop souvent de rendre ses personnages appréciables. Dommage.
Rattrapage 2014 : Hippocrate, de Thomas Lilti
Benjamin va devenir un grand médecin, il en est certain. Mais pour son premier stage d’interne dans le service de son père, rien ne se passe comme prévu. La pratique se révèle plus rude que la théorie. La responsabilité est écrasante, son père est aux abonnés absents et son co-interne, Abdel, est un médecin étranger plus expérimenté que lui. Benjamin va se confronter brutalement à ses limites, à ses peurs, celles de ses patients, des familles, des médecins, et du personnel. Son initiation commence.
[CRITIQUE] Papa Ou Maman, de Martin Bourboulon
Comédie à l'humour noir... très noir, Papa Ou Maman détourne le drame du divorce dans un film souvent horrible mais parfois très drôle. À la limite entre le plaisir coupable et l'insolence, le film de Martin Bourboulon ose rire d'un sujet tabou, tout en dénonçant l'impact qu'ont les relations parentales sur les enfants. Évitant habilement les pièges des comédies françaises souvent trop potaches, Papa Ou Maman explore son idée sans limite ni véritable morale se révélant comme une petite surprise décomplexée, allégée par l'aura chic et cool de Marina Foïs et Laurent Lafitte. Fallait oser !
[CRITIQUE] Kingsman – Services Secrets, de Matthew Vaughn
Classe et déjanté, irrévérencieux et irrésistible, simple et original... Le nouveau film de Matthew Vaughn est plein de contradictions, prouvant que l'on peut encore adapter un comic book et partir d'une trame linéaire, sans pour autant servir du réchauffé. Kingsman - Services Secrets est mélange de genres explosif, entre divertissement jubilatoire et scènes d'actions ahurissantes, qui pourrait bien donner du fil à retordre aux prochains films de super héros... et au prochain James Bond. Enfant terrible du cinéma d'action moderne, Matthew Vaughn apporte une touche so british à un ensemble décomplexé et offre un Colin Firth en roue libre, tel qu'on l'a rarement vu auparavant, si bien que les petits défauts du film sont immédiatement pardonné tant le film est une pure tuerie. Foncez !
[CRITIQUE] Réalité, de Quentin Dupieux
Bizarre, intriguant et décalé, le dernier film de Quentin Dupieux allie étrange et humour dans une comédie où l'absurde est maître. Entre conscient et inconscient, Réalité ressemble à des pièces de puzzle montées dans le désordre et trouve un semblant de sens dans l'incohérence et le laisser-aller. Inutile de couper les cheveux en quatre, Réalité est à prendre tel quel, dans toute sa bizarrerie et sa vision loufoque du monde.
[CRITIQUE] It Follows, de David Robert Mitchell
En adaptant au cinéma un de ses cauchemars récurrents, David Robert Mitchell prend les codes horrifiques à contre-emploi pour livrer un petit "ofni" (objet filmique non identifié) qui ne laissera personne indifférent. Angoissant et étrange, It Follows est à la fois dérangeant et captivant. Le concept est novateur et immersif, grâce à une mise en scène inhabituelle qui laisse planer le doute entre l'inspiration salvatrice et l'essai expérimental. Quelques parts entre l'horreur froide mais stylisée et une thématique confuse sur la sexualité adolescente, It Follows ressemble effectivement à un cauchemar éveillé où la lenteur du film ne fait qu'accroître un malaise et une tension prenante. En voilà un petit film intéressant !
