[CRITIQUE] Halloween, de David Gordon Green

40 ans, 10 films dont 1 reboot : Halloween : La Nuit des Masques fait partie des films cultes du cinéma d’horreur et pour fêter un bel anniversaire, David Gordon Green offre une onzième retrouvailles avec la saga, entre hommage au film de Carpenter et coup de neuf. Nourri par une tension jubilatoire et la force tranquille d’un tueur iconique et implacable, Halloween explore judicieusement les ressorts de la saga à travers un traitement plein d’anticipation et de suspens. Plus brutal, plus stressant et portée par une Jamie Lee Curtis aux antipodes de sa première interprétation, Halloween est une très bonne surprise.

[CRITIQUE] My Friend Dahmer, de Marc Meyers

My Friend Dahmer est la plongée glaçante dans la jeunesse d’un futur tueur en série, vue par un de ses camarades de lycée. Le décalage entre la normalité fougueuse de l’adolescence et le tempérament particulier du personnage principal crée un ensemble insaisissable, entre tension et appréhension, comme si Marc Meyers dégoupillait une dangereuse grenade millimètre par millimètre. Cependant, en se focalisant sur la période avant les premiers meurtres, My Friend Dahmer s’avère un poil frustrant tant le portrait du jeune homme, aussi « bizarre » qu’il puisse être, reste néanmoins superficiel, puisque le film ne propose que la facette plus ou moins publique de l’adolescent vue par un tiers, et non une approche plus ou moins intime de sa psychologie. Fascinant, mais trop peu.

[COUP DE CŒUR] Love Hunters, de Ben Young

Australie, été 1987. Un soir, alors que la jeune Vicki Maloney se rend à une soirée, elle est abordée dans la rue par Evelyn et John White, deux trentenaires qui l’invitent chez eux. Sur place, elle comprend qu’elle est tombée dans un piège. Séquestrée, sa seule chance de survie sera d’exploiter les failles du couple…

[CRITIQUE] The Voices, de Marjane Satrapi

Pop, coloré et sanglant, The Voices réunit plusieurs ingrédients qui d’ordinaire parviennent à me séduire. Cette fois, le dernier film de Marjane Satrapi, son second degré cynique et sa seconde lecture dramatique m’ont laissé… de marbre. Alors que l’ensemble est prometteur, tous les efforts sont anéantis par des personnages trop poussifs et un chat qui parle un tantinet lourdingue, tandis que les traits d’humour tombe à plat à cause d’une ambiance légèrement anxiogène mais savamment entretenue. Marjane Satrapi a bien du mal à faire cohabiter les deux visages de son film, du coup The Voices fait l’effet d’une overdose crispante de sourires plâtrés et de bonne humeur forcée, hanté par des personnages bien difficiles à apprécier. Malgré de bonnes attentions visibles et un sujet intriguant, The Voices se révèle finalement un peu (trop) éteint et souvent redondant. Vraiment dommage, pour une fois que Ryan Reynolds s’en sort bien !