Pour son premier long-métrage, David Farr se lance dans un thriller glacé, où la curiosité et l'instinct maternel flirtent avec la paranoïa. Sorte de home-invasion psychologique, London House observe le caractère obsessionnel de ses personnages dans un film plutôt captivant, grâce à une ambiance souvent inquiétante et tendue. Malheureusement, le résultat s'avère finalement desservit par un scénario ambitieux mais totalement transparent et cousu de fils blancs qui, malgré un léger suspens salvateur, gâche plusieurs rebondissements, faisant de London House un acte relativement manqué. Dommage.
Catégorie : Films
[CRITIQUE] Kong: Skull Island, de Jordan Vogt-Roberts (+ spoilers)
Jordan Vogt-Roberts revisite les origines du roi Kong dans une épopée spectaculaire et truffée de monstres en tous genre. Si l'action et le frisson sont au rendez-vous, Kong: Skull Island doit beaucoup à son héros colossal, tandis que le pendant narratif semble souvent accessoire et que les personnages humains ont une utilité discutable. Néanmoins, grâce à une histoire nouvelle, Kong: Skull Island propose un film d'aventure visuellement saisissant où chaque affrontement booste un ensemble souvent bancal et pourtant ultra divertissant.
[COUP DE CŒUR] Miss Sloane, de John Madden
Les films sur la politique et le lobbying, c'est un peu comme les films sur la bourse et Wall Street : c'est compliqué, mais ça a l'air important, et si c'est bien joué avec un twist à la fin, alors pourquoi pas. Miss Sloane repose sur les mêmes rouages et John Madden épice l'ensemble avec une femme de poigne en tête d'affiche, offrant une Jessica Chastain aussi sublime que glaçante, dans un thriller haletant entre magouilles et morales mises à mal. Une lutte de pouvoirs vertigineuse et prenante à ne pas manquer !
[CRITIQUE] Les Figures de l’Ombre, de Theodore Melfi
Pétillant et intéressant, Les Figures de l'Ombre dresse le portrait de femmes pionnières dans une Amérique ségrégationniste, avec humour et légèreté malgré ce cadre complexe et l'aspect biopic du film. Si le film n'élude jamais le fait que ses héroïnes sont Noires, Theodore Melfi s'attache surtout à reconnaître l'intelligence de femmes dans un milieu très masculin et sélectif, qui s'inscrit parfaitement dans une époque cloisonnée. Grâce à un trio de choc, Les Figures de l'Ombre évite de s’appesantir sur le racisme latent qui bout en filigrane pour proposer un film, justement, coloré, agréable et nécessaire !
[CRITIQUE] T2 Trainspotting, de Danny Boyle
D’abord, une bonne occasion s’est présentée. Puis vint la trahison. Vingt ans plus tard, certaines choses ont changé, d’autres non. Mark Renton revient au seul endroit qu’il ait jamais considéré comme son foyer. Spud, Sick Boy et Begbie l’attendent. Mais d’autres vieilles connaissances le guettent elles aussi : la tristesse, le deuil, la joie, la vengeance, la haine, l’amitié, le désir, la peur, les regrets, l’héroïne, l’autodestruction, le danger et la mort. Toutes sont là pour l’accueillir, prêtes à entrer dans la danse...
[CRITIQUE] Patients, de Grand Corps Malade et Mehdi Idir
Grand Corps Malade partage son histoire dans son premier film, Patients, et livre une belle leçon de courage, d'espoir et d'humilité. Malgré la gravité bouleversante de son sujet, Patients garde le sourire jusqu'au bout. Si vous pensez que votre vie un peu merdique en ce moment, allez voir ce film très vite : y a pas mieux pour relativiser !
[CRITIQUE] Logan, de James Mangold
Dire que Logan est le meilleur film Wolverine solo est à la fois une vérité et une facilité : la tâche était plutôt facile, vu la qualité discutable des deux premiers films ! Cette fois, James Mangold a bien retenu la leçon et nous livre un Wolverine enfin à la hauteur de cet anti-héros charismatique : violent, brutal, désespéré... tout simplement génial. Logan boucle la boucle et passe le relais avec brio, révélant une X-23 tout aussi enragée et un duo à la fois atypique et attachant. En s'émancipant du traitement classique du film de super-héros, James Mangold livre un dernier acte inspiré et réussi. SNIKT!
[CRITIQUE] 20th Century Women, de Mike Mills
20th Century Women est une belle découverte, même si derrière la légèreté du film se cache des messages forts et surtout une mélancolie très présente, mais aussi déconcertante. Le film de Mark Mills cristallise la fin d'une époque effervescente et solaire, avec beaucoup de nostalgie, à travers des personnages qui, malgré le contexte, restent très actuels. D'ailleurs, c'est à se demander si le combat des femmes a vraiment évolué depuis les années 70 !
[CRITIQUE] Lion, de Garth Davis
Une incroyable histoire vraie : à 5 ans, Saroo se retrouve seul dans un train traversant l’Inde qui l’emmène malgré lui à des milliers de kilomètres de sa famille. Perdu, le petit garçon doit apprendre à survivre seul dans l’immense ville de Calcutta. Après des mois d’errance, il est recueilli dans un orphelinat et adopté par un couple d’Australiens. 25 ans plus tard, Saroo est devenu un véritable Australien, mais il pense toujours à sa famille en Inde. Armé de quelques rares souvenirs et d’une inébranlable détermination, il commence à parcourir des photos satellites sur Google Earth, dans l’espoir de reconnaître son village. Mais peut-on imaginer retrouver une simple famille dans un pays d’un milliard d’habitants ?
[CRITIQUE] Split, de M. Night Shyamalan
Étonnant et original, Split est un thriller fascinant alliant les mystères d'un trouble mental encore méconnu et une tension angoissante. M. Night Shyamalan tient, une fois n'est pas coutume, ses promesses et livre une intrigue prenante et habile, promenant le spectateur dans les recoins flippants d'une personnalité multiple, grâce à un James McAvoy excellent. Très bonne surprise !
[CRITIQUE] Fences, de Denzel Washington
Entre désillusions et révolution, Fences observe les répercussions et les actes d'un père de famille sur son entourage. Denzel Washington érafle l'image patriarcale à travers un personnage complexe, reflétant une Amérique en plein changement mais ancrée dans ses convictions, mais si l'histoire est globalement intéressante... le rythme frôle l'indigestion. En adaptant la pièce de théâtre au cinéma, Denzel Washington conserve les mêmes codes, ce qui crée un film un poil désarticulé et difficile à cerner, malgré les performances impeccables de l'ensemble du casting, dont une Viola Davis grandiose.
[CRITIQUE] John Wick 2, de Chad Stahelski
Chad Stahelski et Keanu Reeves sont de retour pour John Wick 2, avec une suite de la même trampe que le premier opus, voire mieux. Fun et plus costaud, John Wick 2 ravira les amateurs du genre car il conserve sa tonalité sombre et violente, mêlant vengeance et nerf à vif dans un film d'action millimétrée. Cascades et combats saisissants sont au rendez-vous, accentuant l'excellent travail de mise en scène et la chorégraphie des affrontements qui permettent d'être aux premières loges à chaque instant, grâce à un POV immersif et nerveux. Bref, Chad Stahelski signe une suite réussie : noire, violente mais décomplexée et assumée. Génial !
