[CRITIQUE] Telle Mère, Telle Fille, de Noémie Saglio

Superficiel, hystérique et épuisant, le dernier film tout droit sorti de l’imagination pétrie de clichés de Noémie Saglio persiste à caricaturer les genres, en s’attaquant cette fois aux relations mère-fille à travers leurs grossesses respectives. Dénué d’imagination, Telle Mère, Telle Fille s’étire péniblement à travers les poutres apparentes du scénario à la facilité effarante et aux traits d’humour téléphonés et très peu recherchés. À défaut d’une comédie pétillante, Noémie Saglio sert un film au rabais, globalement peu crédible et à peine sauvé par le charme de Juliette Binoche.

[CRITIQUE] Loving, de Jeff Nichols

Mildred et Richard Loving s’aiment et décident de se marier. Rien de plus naturel – sauf qu’il est blanc et qu’elle est noire dans l’Amérique ségrégationniste de 1958. L’État de Virginie où les Loving ont décidé de s’installer les poursuit en justice : le couple est condamné à une peine de prison, avec suspension de la sentence à condition qu’il quitte l’État. Considérant qu’il s’agit d’une violation de leurs droits civiques, Richard et Mildred portent leur affaire devant les tribunaux. Ils iront jusqu’à la Cour Suprême qui, en 1967, casse la décision de la Virginie. Désormais, l’arrêt « Loving v. Virginia » symbolise le droit de s’aimer pour tous, sans aucune distinction d’origine.

[CRITIQUE] La Grande Muraille, de Zhang Yimou

De la fresque rutilante au film d’action moyen, il n’y a finalement qu’un pas. Alors que j’espérais une épopée dans la lignée des précédents opus de Zhang Yimou, j’ai découvert un film à la promesse étouffée dans une production américaine sans finesse, quitte à annihiler toute ambition de genre et frôler le nanar. La Grande Muraille fait l’effet d’un soufflé, s’il n’est pas entièrement une catastrophe, ce film restera très certainement anecdotique.

[CRITIQUE] Maman A Tort, de Marc Fitoussi

Connaît-on vraiment ses parents? Anouk, 14 ans, découvre brutalement un autre visage de sa mère, à la faveur de l’incontournable stage d’observation de troisième qu’elle effectue dans la compagnie d’assurances où celle-ci travaille. Une semaine d’immersion dans le monde adulte de l’entreprise, avec ses petits arrangements et ses grandes lâchetés, qui bientôt scelle son jeune destin. Entre parcours initiatique, fêlure et premières responsabilités assumées, une forme d’adieu à l’enfance.

[CRITIQUE] Tarzan, de David Yates

Un torse musclé, des longs cheveux sauvages, des paysages africains grandioses et un cri de guerre qui a traversé les âges… Il n’en faut pas plus pour ressusciter la légende de Tarzan au cinéma, une énième fois. David Yates s’attelle à la tâche en adaptant le livre Tarzan, Seigneur de la Jungle d’Edgar Burroughs en livrant une histoire plus proche de la Légende de Greystoke que des films animés. Un peu bancal, Tarzan se retrouve avec « le cul entre deux chaises », oscillant entre une atmosphère qui se veut plus adulte et brute dans ses scènes d’action pourtant très édulcorées pour apporter au film une dimension familiale, avec des tentatives d’humour trop timides et une romance datée. Tarzan manque de dynamisme autant dans son traitement narratif que visuel, offrant une nouvelle adaptation de l’homme-singe un peu fade, qui fait pâle figure après le film Le Livre de La Jungle, proposé par Disney sorti quelques mois plus tôt.

[CRITIQUE] Le Chasseur et la Reine des Glaces, de Cédric Nicolas-Troyan

Dans la catégorie des suites qu’on attendait pas vraiment, Les Chroniques de Blanche-Neige : Le Chasseur et la Reine des Glaces débarque sur nos écrans, quatre ans après le film Blanche-Neige et le Chasseur, un film de Rupert Sanders qui a connu un succès controversé au vu de son ensemble plutôt moyen, notamment grâce au scandale de l’époque autour de la romance entre l’actrice principale, Kristen Steward (alors promise pour toujours à Robert Pattinson) et le réalisateur (marié). Au-delà des gossips people, les producteurs ont cru bon de préparer une suite, sans Blanche-Neige, mais valorisé par un casting alléchant (qui devrait faire regretter à certains leurs manies de signer des contrats impliquants plusieurs films…). À l’arrivée, Le Chasseur et la Reine des Glaces est un film plutôt joli, bien que déjà vu, mais surtout chiant comme la pluie à cause d’une intrigue en papier mâché qui prend l’eau dès les vingts premières minutes. Bref, l’ennui total rivalise avec l’incompréhension, surtout quand on voit des actrices aussi talentueuses qu’Emily Blunt et Jessica Chastain venir se perdre dans un film aussi pauvret.

[CRITIQUE] Régression, d’Alejandro Amenábar

14 ans après le film Les Autres, Alejandro Amenábar est de retour avec un nouveau thriller psychologique flirtant avec le cinéma d’épouvante. Forcément, après avoir réalisé un des meilleurs films d’épouvante de ces dernières années – sans mentionner un twist final génial -, le réalisateur espagnol est attendu au tournant avec Régression, un film délicieusement sombre et sournois… mais finalement très faible.

[CRITIQUE] Un Peu, Beaucoup, Aveuglément, de Clovis Cornillac

Laborieux, plus mignon que drôle, le premier film de Clovis Cornillac lui ressemble un peu : imparfait et mal dégrossi, mais doté d’un petit charme attachant. Un Peu, Beaucoup, Aveuglément est une comédie sucrée, qui balance ses meilleurs moments dès la première partie du film et souffre d’une seconde partie un peu trop mièvre, qui tiédit l’ambiance et rend l’ensemble à peine intéressant. Si Clovis Cornillac a la bonne idée d’étoffer ses personnages au-delà de la romance, il reste toutefois des zones d’ombres après le clap de fin et une impression désagréable que le film aurait pu être bien plus drôle si le réalisateur avait su prendre son temps.

[CRITIQUE] Cake, de Daniel Barnz

Larmoyant et contemplatif, Cake s’étire un drame sobre autour d’une femme marquée par une histoire tragique. Si Jennifer Aniston livre une performance étonnante, quoiqu’un peu poussive, le film de Daniel Barnz reste sur la réserve et mise trop sur le potentiel émotionnel de son sujet pour attirer la sympathie du public. Du coup, les plus sensibles seront probablement touchés par cette mère-courage malgré son tempérament détestable, tandis que les autres (nous, les cœurs de pierre) attendront un peu plus de profondeur et de sincérité… en vain.

[CRITIQUE] Cinquante nuances de Grey, de Sam Taylor-Wood

Découvrir un film comme Cinquante nuances de Grey, c’est une occasion peu réjouissante de découvrir à quel point le cinéma commercial accepte de tomber encore plus bas pour s’enrichir encore plus. Est-ce un film ou une farce ? Un cauchemar éveillé qui emprisonne le public dans un fantasme adolescent, à peine plus osé qu’un roman de la collection Harlequin ? Toujours est-il que le film de Sam Taylor-Wood, adapté d’une fan-fiction inspirée par l’insupportable saga Twilight (même pas un vrai livre à la base), réussit à rabaisser le niveau en livrant un objet fadasse, niais et inintéressant au possible. Vous l’avez compris : je ne vais pas être tendre.