[CRITIQUE] The Place, de Paolo Genovese

Fascinant, joueur et cruel, le nouveau film choral de Paolo Genovese continue d’explorer avec une justesse un poil vicieuse mais efficace les limites morales de ses personnages, ballottés entre le libre arbitre et leurs actions karmiques. The Place campe entre le bien et le mal, tissant une intrigue psychologique retors sous forme d’un huis-clos oral et original Intéressant, prenant et hautement musical en VO.

[CRITIQUE] Escobar, de Fernando León de Aranoa

Impitoyable et cruel chef du cartel de Medellin, Pablo Escobar est le criminel le plus riche de l’Histoire avec une fortune de plus de 30 milliards de dollars. « L’empereur de la cocaïne » met la Colombie à feu et à sang dans les années 80 en introduisant un niveau de violence sans précédent dans le commerce de la drogue. Fascinée par son charisme et son pouvoir, la très célèbre journaliste Virginia Vallejo, va s’apercevoir qu’on ne s’approche pas de l’homme le plus dangereux du monde impunément…

[COUP DE CŒUR] La Forme de l’Eau (The Shape of Water), de Guillermo Del Toro

Conte noir, poétique et bouleversant, La Forme de l’Eau (The Shape of Water) cristallise les amours interdites d’une Belle et de sa Bête à travers une histoire chargée en émotions et lumineuse. Éternelle cerise sur le gâteau, Guillermo Del Toro soigne la réalisation et nous transporte dans son univers sans effort, mêlant tableaux oniriques au classicisme intemporel des années 60, et une bande-originale enivrante et superbe. Ce film n’est pas simplement beau : il est magique.

[CRITIQUE] It Comes At Night, de Trey Edward Shults

Prenant et mystérieux, Trey Edward Shults signe un film noir et étouffant, hanté par un monde désolé et des personnages livrés à eux-même, qui parvient à créer une atmosphère suffisamment insidieuse et inquiétante pour intéresser. Pourtant, It Comes At Night méritait mieux que le traitement horrifique qui lui est réservé, car en voulant jouer la carte du mystère et épicer la trame avec des tentatives de frissons transparents et inutiles, le résultat botte en touche et passe à coté d’une histoire au potentiel inexploité. Dommage, car le casting est très bon et la mise en scène est judicieuse et bien fichue.

[CRITIQUE] Alien : Covenant, de Ridley Scott

5 ans après Prometheus, Ridley Scott revient avec Alien : Covenant, le deuxième volet de sa prélogie Alien. Ambitieux mais confus, plaisant mais laborieux, Alien : Covenant parvient a donner une véritable suite au premier opus mais échoue quand il tente de créer une véritable ambiance horrifique. Vendu comme le digne successeur à Alien premier du nom, Alien : Covenant frôle de (très) près la déception (surtout si on s’attend à du Alien) et se rattrape de justesse avec une intrigue recherchée – certes un peu perchée – et directement liée à Prometheus. Je suis toujours très mitigée sur ce film, mais j’ai envie d’y croire.

[CRITIQUE] Dans La Forêt, de Gilles Marchand

Si Gilles Marchand parvient à entretenir une ambiance mystérieuse et oppressante, c’est probablement le seul véritable atout du film… néanmoins pas suffisant. Dans La Forêt s’éternise autour de la relation inquiétante entre un père étrange et ses fils, au détour d’une balade qui va réveiller des frayeurs tapies dans l’ombre. Contemplatif, le film repose sur des pointes de frissons répétitives mais ne semble proposer aucune direction, comme si Gilles Marchand espérait qu’en restant évasif, le public comblerait les trous de lui-même. Personnellement, je ne suis pas emballée.

Annabelle : Trop facile, malgré une ambiance soignée

Pour un film réalisé à la hâte après le succès de Conjuring – Les Dossiers Warren l’année dernière, Annabelle réussit à trouver un chemin presque satisfaisant, bien que trop hésitant. Doté d’une mise en scène maladroite largement influencée par le film Rosemary’s Baby, le film de John R. Leonetti repose sur une intriguée basique et des jumpscares trop prévisibles. Cependant, quelques passages s’avèrent plutôt efficaces et Annabelle parvient à maintenir une ambiance intéressante qui saura faire son petit effet chez les plus jeunes sensibles. Seule l’utilisation de la poupée Annabelle me laisse réellement perplexe, car l’objet est précédé par sa réputation mais s’avère finalement secondaire dans son propre film. Étrange.